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Falloujah mon amour
1 september 2006, 08:05
Peu avant de mourir, l'une des grandes prêtresses françaises
des médias de la deuxième partie du xxe siècle, Françoise
Giroud, s'exclama : « Mais c'est grave, Internet, n'importe
qui peut dire n'importe quoi. » C'est justement ce qui nous
intéresse : c'est la périphérie qui commande et non pas un
centre régulateur et censeur. Internet garantit une réelle
diversité sur tous les sujets : les pensées et les opinions
dissidentes
y sont beaucoup plus facilement accessibles qu'*
travers les journaux, les librairies et a fortiori la télévision.

Et s'il est vrai que des rumeurs malfaisantes ou fantaisistes
peuvent aussi circuler sur Internet, c'est avec moins de
force et plus de contrôle que sur les grands médias qui
s'illustrent
régulièrement dans la diffusion massive de bobards
de guerre et de montages diabolisants [Timisoara, les
couveuses de Koweit-Ville, les armes de destruction massive,
les Kossovars génocidés par les Serbes eux pourtant bien
purifiés ethniquement].

[...]

Internet peut aussi apporter des correctifs aux images
divulguées * chaud par les grands médias. Ainsi, alors que
les télévisions du monde entier mettaient en scène la foule
des Bagdadis manifestant leur joie d'accueillir les « libérateurs
américains » sur une place de Bagdad, des millions
d'internautes recevaient, dans les vingt-quatre heures, le
décryptage de l'image : il avait suffi pour cela de remplacer
les plans serrés, donnant une impression de foule, montrés
par les télévisions, par des plans larges montrant 300 personnes,
sinon 300 figurants (sur une ville de 5 millions d'habitants),
exprimant leur joie programmée... sur une place
largement vide.

[...]

Internet permet enfin un accès direct aux sources et est
donc un moyen pratique de lutter contre l'*-peu-près. Il peut
donc s'avérer pour les pouvoirs médiatiques d'aujourd'hui
aussi dangereux que l'invention de l'imprimerie pour les
clercs de la fin du Moyen Âge.

[...]

Politiquement, Internet peut aussi créer l'événement. C'est
ainsi qu'au printemps 2005, en France, lors du référendum
sur la constitution européenne, le oui était dominant * 85 %
ou 90 %, * la fois dans le monde audiovisuel et dans celui
des élites dirigeantes, politiques, économiques, syndicales,
culturelles ; mais sur la toile le non avait le dessus, et c'est
la toile qui eut le dernier mot, provoquant un phénomène
politique majeur : le rejet d'une Europe abstraite et sans
frontières.
[...]

Le potentiel d'Internet pour remettre en cause la tyrannie
médiatique de la télévision est donc considérable.
L'enjeu en a d'ailleurs été bien compris. Les grosses
machines financières notamment cherchent * reprendre le
contrôle de la toile, mais le modèle de la gratuité, même
« corrigé » par la publicité, reste un obstacle. Et sous le
prétexte
de lutter contre la pédophilie, le terrorisme, le racisme
ou le piratage, la tentation de rétablir la censure est forte
et la liberté d'expression et d'opinion sont perpétuellement
menacées, même si la délocalisation ou le cryptage offrent
des parades effi caces.

Les internautes n'échappent d'ailleurs pas toujours * «
l'emballement
médiatique » : Internet ne sert plus alors de correcteur
au média dominant mais d'amplificateur.

Le rôle que jouera Internet sur l'évolution du monde dans
les décennies * venir n'est donc pas encore fi xé, d'autant
plus que la population, même des pays développés, qui dispose
d'un accès rapide reste encore limitée. La vraie révolution
internet est donc encore devant nous.

http://www.polemia.com/pdf/LaTyranniemediatique.pdf