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wen.kroy 2 september 2006 04:35

"L'erreur est humaine mais persévérer est diabolique."
 
"L'erreur est humaine mais persévérer est diabolique."

Editorial d'Informations Ouvrières, journal du PT (France) du 01/09 au
07/09/2006 :

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L'émotion remarquée de Lionel Jospin samedi dernier �* La Rochelle ne saurait
faire disparaître les propos qu'il y a tenus : « Je regrette de ne pas avoir
amorcé la réforme des retraites, qui était absolument prête » (�* l'époque où
il était Premier ministre).

La mémoire de Jospin flancherait-elle ? La contre-réforme des retraites, il
a fait plus que « l'amorcer » ! Les 23 et

24 mars 2000, au sommet européen de Lisbonne, Jospin et Chirac ont approuvé
un rapport regrettant le retard pris dans ce domaine et recommandant de
lever « les limitations apportées aux fonds de pension ».

Au sommet européen de Barcelone, les 15 et 16 mars 2002, Chirac et Jospin, �*
nouveau unis, signent un document préconisant « de relever petit �* petit l'âge
de la cessation d'activité » ! Ce que le gouvernement Raffarin devait
traduire en actes quelques mois plus tard par sa contre-réforme Fillon
alignant tous les salariés du public et du privé sur les 40 annuités dans un
premier temps, vers les 42,5 et au-del�* ensuite.

Et Jospin - avec, semble-t-il, l'accord des autres dirigeants du PS -
regrette de ne pas l'avoir fait lui-même plus tôt ? !

Faut-il rappeler que cinq semaines après ce sommet de Barcelone, le 21
avril, Jospin était éliminé dès le premier tour de la présidentielle ?

Nombre de commentateurs, �* l'époque, ont mis ce résultat en rapport avec l'unanimité
Chirac-Jospin contre les retraites au sommet européen.

Alors, Jospin aurait-il perdu la mémoire ? Ou bien s'agit-il, en parlant du
passé, de se prononcer sur l'avenir ?

On apprend par la presse financière britannique qu'un plan est en
préparation, visant �* franchir une nouvelle étape dans la remise en cause de
tous les régimes de retraite par répartition en Europe. « Les gouvernements
peuvent-ils s'offrir de garantir les engagements �* long terme pris vis-�*-vis
des retraités ? », interroge l'auteur de l'article, qui fournit l'information
suivante : une étude commandée dans le cadre de l'Union européenne en 2003
évoque un endettement public non pas de l'ordre de 60 % (traité de
Maastricht), mais autour de 200 % du produit intérieur brut dès lors qu'on
prend en compte ce qu'il appelle « la dette implicite, qui, pour l'essentiel,
procède des engagements concernant le régime général des retraites qui ne
sont pas provisionnées » (1).

Ainsi donc, les engagements en matière de retraites ne devraient plus
relever du contrat de travail, des statuts et des régimes de protection
sociale ! Ce serait une dette qu'il faudrait - Maastricht oblige - soit
réduire, soit provisionner ! La solution, ce serait. les fonds de pension,
provisionnés individuellement par le salarié !

On apprend qu'�* nouveau, l'Union européenne et le gouvernement s'apprêteraient
�* frapper les régimes de retraite. En particulier celui des postiers, des
électriciens et gaziers, et d'autres seraient �* très court terme menacés. Le
régime général serait lui aussi dans le collimateur (2).

Est-ce par rapport �* ces exigences de l'Union européenne que Jospin - et il
n'est pas le seul - fait des offres de service ?

Il est évident, surtout après le 29 mai 2005, que la majorité du peuple
français aspire non pas �* une aggravation des contre-réformes, mais �* une
rupture avec elles, en particulier sur cette question fondamentale des
retraites.

Sur ce point, grévistes et manifestants n'ont-ils pas par millions, ces
dernières années, clairement revendiqué : public-privé, 37,5 annuités pour
tous ?
« Errare humanum est, sed perseverare diabolicum » (3).

Daniel Gluckstein

(1) Financial Times, 18 août 2006. Notons que le calcul de la dette «
implicite » est une application d'une norme comptable européenne dont le
principe a été arrêté. au sommet de Lisbonne de 2000. Nous y reviendrons.

(2) Voir dans La Croix (21 août 2006) : « On ne pourra pas faire l'économie
de décisions douloureuses �* l'occasion du rendez-vous de 2008. »

(3) « L'erreur est humaine, mais persévérer dans l'erreur est diabolique. »

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