| Zeno! |
6 november 2003 11:41 |
Citaat:
Apprendre le Néerlandais ... Met faciliteiten
Par Patrick Traube, psychologue et écrivain (*)
(© La Libre Belgique du 3 septembre 2003)
«Dans un pays bilingue, la priorité doit être donnée �* la connaissance de l'autre langue nationale par rapport �* l'anglais.» «Il faut encourager le multilinguisme,dès l'école primaire. Quant au choix de la seconde langue, aucun critère scientifique ne fonde la priorité au néerlandais. Mais, il semble normal de commencer par la langue de ses voisins.»
Déclarations puisées parmi des dizaines d'autres du même cru. La première est extraite de l'exposé des motifs d'une proposition de loi émanant de trois sénateurs francophones (janvier 2000), la seconde du Pr A. Braun (didacticien des langues) commenté dans le quotidien «Le Soir» du 8 janvier 2002. Humour (involontaire) ? Le commentaire en question occupe la moitié inférieure de la page quatre, la partie supérieure étant coiffée d'un article relatif aux nouvelles revendications d'autonomie des partis flamands dans la perspective des élections législatives de mai dernier. Superbe mise en perspective !
Au moment où la Flandre, en toute clarté, teste l'Etat. de ses rêves, au moment où les observateurs les moins suspects de sympathies séparatistes estiment que les probabilités de la Belgique fédérale d'atteindre l'an 2010 sont infinitésimales, les autorités sudistes font encore pari d'une Belgique bilingue. Naïveté ou aveuglement ? Plutôt que d'expliquer au Coq et �* l'iris de quoi leur futur sera fait, lorsque le Lion rugissant les aura largués, ils déploient une énergie considérable pour les convaincre qu'il faut absolument apprendre �* causer «lion».
Merci �* eux de penser �* l'avenir linguistique de nos enfants ! Moi, je pense en termes différents �* l'avenir du mien.
Je lui souhaite d'abord d'acquérir la passion de sa langue maternelle. Je lui souhaite aussi l'ardent bonheur de vibrer �* la somptueuse musicalité de l'anglais, �* la rugueuse et fascinante beauté de l'espagnol, �* l'extraordinaire densité de l'allemand, �* l'éclat doré de l'italien. Et si l'échelle des priorités se définit en fonction du voisinage géographique, pourquoi n'apprendrait-il pas l'arabe (seconde langue usuelle en Communauté française) ?
Je déclare sans haine, mais avec fermeté, que mon fils n'apprendra pas le néerlandais et cela, pour deux raisons, une raison pragmatique (objective) et une raison de principe (symbolique).
Une raison pragmatique !
(Dans une «culture de l'utilitaire», mieux vaut commencer par celle-l�* !). Jusqu'ici, la connaissance de la langue de Vondel s'imposait aux francophones parce qu'ils naviguaient dans un vaisseau bilingue battant pavillon-du-Lion-noir et dont les leviers depuis les soutes jusqu'au faîte étaient tenus par les Flamands majoritaires. Mais pourquoi s'imposerait-elle encore �* nos enfants alors que ceux-ci vogueront dans un autre vaisseau (Communauté Wallonie-Bruxelles), au sein d'un océan européen et planétaire �* l'échelle duquel le néerlandais ne sera plus qu'un idiolecte sous-provincial. (Pour rappel, les trois langues communautaires au sein de l'Union européenne sont l'allemand (24pc), le français (16pc) et l'anglais (16pc). Le néerlandais est parlé par 6pc de la population).
Par décence, je tairai la question de l'ouverture culturelle ! Je me contenterai de répéter que l'apparente égalité : «Un francophone apprenant le flamand = un Flamand apprenant le français» est une inégalité masquée, donc une escroquerie �* nos dépens (une de plus !).
La raison de principe !
Lorsque je parlerai de la Belgique �* mon fils, je lui parlerai de celle que j'ai vécue (celle du «Walen buiten», du «on entre dans les Wallons comme dans du beurre»... jusqu'aux récentes circulaires Peeters et Martens) afin qu'il comprenne tous les raffinements dans l'art de l'humiliation. Je lui dirai dans le même élan que l'avenir d'un peuple ne se mesure pas seulement �* l'aune de sa prospérité économique. Qu'il dépend, surtout de sa pugnacité �* défendre son honneur, de sa détermination �* refuser de baisser l'échine devant celui qui entend lui imposer sa loi. Comme mon père (résistant �* la barbarie nazie) l'a fait pour moi, j'espère lui apprendre ainsi le respect de soi, le sens de la dignité et la nécessité de la saine révolte. Il comprendra qu'un «purificateur» offre toujours le même visage même s'il préfère le masque «soft».
Je lui dirai qu'apprendre la langue de l'autre est un acte d'amour pour cette langue et pour cet autre. Mais qu'aimer ceux qui vous méprisent, soutenir qu'il pleut quand ils vous crachent �* la figure, cela s'appelle: lâcheté. Je lui dirai enfin que refuser d'apprendre la langue de l'autre n'est pas toujours un signe d'intolérance encore moins de rejet sectaire mais parfois un acte d'honneur et de résistance civique.
(*) Auteur notamment de «Où va le monde?» (�* paraître aux Éditions Convaincre 2003).
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Wat zijn wij Vlamingen toch door-en-door slechte mensen! Waar halen wij het in godsnaam om op ons eigen grondgebied van anderen te verlangen ons stom boerentaaltje te leren? Hoe durven we? :roll:
O, Belgische eenheid...
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